Histoire
Adolphe Thiers
Président de la République française · Troisième République · 1871 → 1873
- Peuple / Dynastie
- Français · Troisième République
- Titre
- Président de la République française
- Période
- 31 août 1871 → 24 mai 1873
- Faits marquants
- Premier président effectif de la IIIe République · Restauration de l’ordre après la Commune de Paris · Négociations avec l’Allemagne pour réduire l’occupation · Consolidation de la République malgré l’opposition monarchiste · Démission sous pression de l’Assemblée nationale
Origine et formation
Marie-Joseph Louis Adolphe Thiers naît le 15 avril 1797 à Marseille, dans une famille modeste. Étudiant en droit, il devient avocat puis journaliste. Sa plume acérée lui permet d’entrer rapidement en politique sous la Restauration, en défendant des positions libérales.
Carrière avant 1870
Thiers fut une figure majeure du XIXᵉ siècle avant même sa présidence :
- Historien influent : auteur d’une monumentale Histoire de la Révolution française (1823–1827) et plus tard de l’Histoire du Consulat et de l’Empire.
- Homme politique : ministre de l’Intérieur en 1832, il joue un rôle central dans la Monarchie de Juillet sous Louis-Philippe Ier.
- Républicain modéré, il s’oppose au coup d’État de Napoléon III (1851) et vit un temps à l’écart de la politique.
Guerre de 1870 et défaite
Lorsque la guerre éclate contre la Prusse (1870), Thiers critique Napoléon III et parcourt l’Europe pour rechercher des soutiens diplomatiques, sans succès. Après la défaite de Sedan et la chute du Second Empire, il est élu député et joue un rôle clé dans l’Assemblée nationale de Bordeaux.
Président de la République
Le 31 août 1871, Thiers est officiellement nommé président de la République française, le premier à exercer réellement la fonction dans le cadre de la Troisième République. Ses priorités :
- Rétablir l’ordre après la guerre et la Commune de Paris (mars–mai 1871), insurrection violemment réprimée.
- Négocier avec l’Allemagne : traité de Francfort (10 mai 1871), qui confirme la perte de l’Alsace-Lorraine mais fixe le paiement de lourdes indemnités de guerre.
- Organiser le retrait progressif des troupes allemandes au fur et à mesure du remboursement.
Consolidation de la République
Thiers est monarchiste de cœur, mais pragmatique : il comprend que seule la République peut rassembler la France après 1870. Il mène donc une politique de compromis :
- Il fait adopter des lois républicaines (libertés de presse, libertés communales).
- Il soutient le redressement économique et financier, favorisant la reconstruction.
- Il s’appuie sur une armée réorganisée, tout en maintenant l’ordre face aux mouvements ouvriers.
Démission
L’Assemblée, dominée par les monarchistes, supporte mal son engagement républicain. Le 24 mai 1873, après un vote de défiance, Thiers démissionne et cède la place au maréchal Patrice de Mac Mahon. Il se retire alors définitivement de la politique active, mais conserve une grande influence morale comme « père de la République ».
Mort
Adolphe Thiers meurt le 3 septembre 1877 à Saint-Germain-en-Laye, à 80 ans. Ses obsèques nationales à Paris rassemblent une foule immense, preuve de sa popularité.
Anecdotes
- De petite taille et d’apparence fragile, Thiers impressionnait par son énergie et son éloquence.
- Sa carrière d’historien lui valut autant de gloire que sa carrière politique : il resta toute sa vie passionné par l’histoire napoléonienne.
- Bien que monarchiste de tradition, il est considéré comme l’un des fondateurs de la République moderne.
- Victor Hugo l’appelait le petit Thiers, critique sévère de son rôle dans la répression sanglante de la Commune.
Postérité
Adolphe Thiers reste dans l’histoire comme le premier président de la Troisième République, l’homme qui a rétabli l’ordre après 1870 et consolidé le régime républicain. Son rôle dans la répression de la Commune de Paris le rend toutefois controversé : pour certains, il est un sauveur, pour d’autres, un bourreau. Il symbolise la transition entre un XIXᵉ siècle monarchique et impérial et une France républicaine durable.
Affaires et controverses concernant Adolphe Thiers et son entourage
1. Présidence de la République
Période : 1871 – 1873
Faits : Adolphe Thiers devient le premier président de la Troisième République après la chute du Second Empire et la guerre franco-prussienne. Sa présidence est marquée par la répression de la Commune de Paris (1871), une décision très controversée et meurtrière, entraînant la mort de milliers de Communards.
- Archives parlementaires et historiques.
- Ouvrages : biographies et analyses de la Troisième République.
État judiciaire : Strictement politique et historique, aucune procédure judiciaire contre Thiers lui-même.
2. Politique financière et diplomatie
Période : 1871 – 1873
Faits : Thiers met en place des politiques économiques pour stabiliser la France après la guerre et négocie le remboursement des indemnités de guerre avec l’Allemagne. Certaines mesures sont critiquées pour leur rigueur financière, mais elles n’ont jamais entraîné de poursuites judiciaires.
- Archives financières et publications historiques.
État judiciaire : Strictement politique et historique, aucun contentieux judiciaire.
3. Démission et postérité
Période : 1873
Faits : Adolphe Thiers démissionne en mai 1873 en raison de tensions politiques avec l’Assemblée monarchiste. Il reste une figure historique majeure de la Troisième République, reconnu pour sa contribution à la stabilisation du pays après la guerre et la Commune.
- Archives historiques et publications spécialisées.
État judiciaire : Strictement historique, aucun contentieux judiciaire.