Président de la République

Albert Lebrun (1932–1940)

Période : 1932 → 1940. Dynastie : Troisième République.

Récit historique

Histoire

Albert Lebrun

Président de la République · Troisième République · 1932 → 1940

Nom complet
Albert François Lebrun
Naissance
29 août 1871, Mercy-le-Haut (Meurthe-et-Moselle)
Décès
6 mars 1950, Paris
Titre
Président de la République (élu 10 mai 1932, réélu 5 avril 1939)
Période
1932 → 1940 (fin de fait le 10 juillet 1940)
Parti
Alliance républicaine démocratique (républicain modéré)
Faits marquants
Instabilité chronique des cabinets · Crise du 6 février 1934 · Front populaire (1936) · Munich (1938) · Guerre (1939) · Effondrement (1940) · Dernier président de la IIIe République

Origines et formation

Fils d’agriculteurs lorrains. Polytechnicien et ingénieur des Mines, major des deux écoles. Ingénieur d’État à Vesoul et Nancy avant l’entrée en politique.

Avant l’Élysée

  • Député de Meurthe-et-Moselle (1900). Sénateur (1920). Président du Sénat (1931).
  • Ministre des Colonies (1911–1912, 1913–1914). Ministre de la Guerre (1913). Ministre des Régions libérées (1917–1919).

Élection, style et gouvernements

Élu après l’assassinat de Paul Doumer (10 mai 1932). Réélu en 1939. Présidence d’arbitrage, faible intervention directe. Dix-sept présidents du Conseil se succèdent.

  • Tardieu · Herriot · Paul-Boncour · Daladier · Sarraut · Chautemps
  • Doumergue (union nationale, 1934) · Flandin · Bouisson · Laval
  • Blum (Front populaire, 1936–1937) · Chautemps · Daladier (1938–1940)
  • Reynaud (mars–juin 1940) · Pétain (16 juin 1940)

Moments intérieurs clés

  • Affaire Stavisky et émeutes du 6 février 1934 → rappel de Doumergue, cabinet d’union.
  • Front populaire (1936) → Accords de Matignon, congés payés, 40 h, conventions collectives.
  • Crises financières et sociales récurrentes, glissement sécuritaire en 1938–1939.

Politique extérieure et guerre

  • Munich (septembre 1938) avec Daladier, choix de la désescalade.
  • Garantie à la Pologne (mars 1939). Déclaration de guerre à l’Allemagne (3 septembre 1939).
  • “Drôle de guerre”, puis percée allemande (mai–juin 1940).

Juin–juillet 1940

  • 16 juin : nomination de Pétain à la présidence du Conseil, après la démission de Reynaud.
  • 22 juin : armistice signé par le gouvernement Pétain.
  • 10 juillet : Assemblée nationale réunie à Vichy. Vote des pleins pouvoirs constituants à Pétain. Lebrun cesse de fait d’exercer et se retire à Vizille.

Occupation, arrestation, après-guerre

  • Résidence surveillée à Vizille. Arrêté par la Gestapo le 27 août 1943. Déporté au château d’Itter (Tyrol). Libéré pour raison de santé en octobre 1943, maintenu sous surveillance à Vizille.
  • Témoin aux procès Pétain et Laval (1945). Retrait public. Mort de pneumonie en 1950.

Profil et débats historiques

  • Président discret, légaliste. Pouvoirs faibles par construction institutionnelle.
  • Critiqué pour l’impuissance de 1940. Défend l’idée qu’il n’a jamais formellement démissionné.
  • Mémoire ambivalente : dernier chef d’État de la IIIe, témoin d’un effondrement étatique.

Anecdotes

  • Polytechnicien et Mines, deux fois major.
  • Voyages d’État notables : Royaume-Uni (1936, 1939), Bruxelles (1935).
  • Époux de Marguerite Nivoit. Deux enfants.

Affaires et controverses concernant Albert Lebrun et son entourage

1. Présidence de la Troisième République (1932–1940)

Période : 1932 – 1940

Faits : Albert Lebrun, président de la République française, est confronté à la montée des tensions en Europe et à la crise politique interne de la Troisième République. Certaines critiques concernent l’inefficacité des institutions et la lenteur de la réaction face aux menaces extérieures.

  • Archives parlementaires et historiques.
  • Ouvrages historiques : biographies et analyses de la Troisième République.

État judiciaire : Strictement historique et politique, aucune procédure judiciaire.

2. Crise de 1940 et armistice

Période : 1940

Faits : Albert Lebrun était président lors de l’invasion allemande. Il signe la convocation du Parlement pour voter les pleins pouvoirs à Philippe Pétain et l’établissement du régime de Vichy. Cette décision est largement critiquée politiquement mais s’inscrit dans un contexte de défaite militaire et d’urgence nationale.

  • Archives historiques et débats parlementaires de l’époque.
  • Ouvrages : biographies et analyses de la Seconde Guerre mondiale.

État judiciaire : Historique et politique, aucune procédure judiciaire personnelle.

3. Gestion institutionnelle et législative (1932–1940)

Période : 1932 – 1940

Faits : Lebrun a supervisé le fonctionnement de la Troisième République, avec des gouvernements instables et de fréquentes crises ministérielles. Ses décisions ont été critiquées sur le plan politique mais sans implication judiciaire.

  • Archives parlementaires, publications historiques.

État judiciaire : Strictement politique et historique, aucun contentieux judiciaire.