Roi de France

Charles X (1824–1830)

Période : 1824 → 1830. Dynastie : Bourbons.

Récit historique

Histoire

Charles X

Roi de France · frère de Louis XVI et de Louis XVIII · dynastie des Bourbons · 1824 → 1830

Peuple / Dynastie
Français · Bourbons
Titre
Roi de France et de Navarre
Période
1824 → 1830
Faits marquants
Sacré à Reims en 1825 · Orientation ultra-royaliste · Loi d’indemnisation des émigrés · Loi sur le sacrilège · Défaite politique face aux libéraux · Ordonnances de Juillet (1830) · Abdication et exil en Angleterre puis en Autriche

Origine et jeunesse

Charles-Philippe de France naît le 9 octobre 1757 à Versailles, dernier fils du dauphin Louis (fils de Louis XV) et de Marie-Josèphe de Saxe. Il est le frère cadet de Louis XVI et de Louis XVIII. Titré comte d’Artois, il épouse en 1773 Marie-Thérèse de Savoie. Favori de la cour sous Louis XVI, il mène une vie fastueuse et frivole, ce qui lui vaut une réputation d’homme léger.

Pendant la Révolution et l’Empire

Hostile à la Révolution dès 1789, Charles émigre rapidement et rejoint les armées royalistes. Il participe aux complots et aux campagnes contre-révolutionnaires depuis l’étranger. Pendant l’Empire, il vit en exil, principalement en Angleterre et en Italie. Fidèle à la mémoire de la monarchie absolue, il reste l’un des plus ardents défenseurs du retour intégral de l’Ancien Régime.

Accession au trône

À la mort de son frère Louis XVIII le 16 septembre 1824, Charles monte sur le trône. Contrairement à Louis XVIII, partisan du compromis, il adopte une ligne politique beaucoup plus conservatrice et proche des ultraroyalistes. Son sacre solennel à Reims le 29 mai 1825 marque son attachement à la tradition monarchique et religieuse, rappelant l’époque des rois d’Ancien Régime.

Politiques et réformes

  • Loi d’indemnisation des émigrés (1825) : compensation financière pour les nobles spoliés de leurs biens durant la Révolution.
  • Loi sur le sacrilège (1825) : punissant de mort le vol d’hosties consacrées, symbole de sa volonté de réaffirmer la religion catholique.
  • Encouragement à la congrégation religieuse et à la censure de la presse.
  • Soutien à l’expédition d’Alger (1830), qui marque le début de la colonisation française en Afrique du Nord.

Ces mesures, jugées réactionnaires, aliènent une grande partie de la société française, notamment la bourgeoisie libérale et les classes moyennes.

Conflit avec les libéraux

Les élections de 1827 donnent une majorité à l’opposition libérale. Charles X tente de gouverner malgré tout avec des ministres ultras, dont Jules de Polignac. En juillet 1830, il signe les ordonnances de Saint-Cloud, suspendant la liberté de la presse, dissolvant la Chambre et restreignant le corps électoral. Ces décisions déclenchent la Révolution de Juillet (27–29 juillet 1830), connue comme les « Trois Glorieuses ».

Abdication et exil

Devant l’insurrection parisienne, Charles X abdique le 2 août 1830 à Rambouillet en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux (Henri V). Mais les Chambres refusent et proclament roi Louis-Philippe Ier, « roi des Français ». Charles s’exile en Angleterre, puis en Autriche, où il meurt le 6 novembre 1836 à Gorizia. Il est inhumé au monastère franciscain de Kostanjevica (aujourd’hui en Slovénie).

Anecdotes

  • Charles X fut le dernier roi sacré à Reims, renouant avec un rituel médiéval chargé de symbolique.
  • Il espérait restaurer intégralement l’Ancien Régime, mais ses politiques accélérèrent la fin des Bourbons en France.
  • Il fut très populaire parmi les ultras et les milieux catholiques, mais impopulaire dans les villes et auprès de la bourgeoisie.
  • Son abdication marque la fin définitive de la monarchie traditionnelle des Bourbons en France.

Postérité

Charles X est resté dans l’histoire comme le dernier roi Bourbon de Francemonarchie de Juillet, plus libérale et bourgeoise. Il symbolise l’incapacité des Bourbons à s’adapter durablement aux changements sociaux et politiques nés de la Révolution française et de l’Empire. Sa mémoire reste associée à la fin de la Restauration et au basculement vers une France moderne, dominée par la bourgeoisie.