Histoire
La Convention nationale
Gouvernement révolutionnaire de la France · 1792 → 1795 apr. J.-C.
- Nature
- Assemblée unique et souveraine · République
- Titre
- Convention nationale
- Période
- 1792 → 1795
- Faits marquants
- Proclamation de la République (1792) · Procès et exécution de Louis XVI (1793) · Constitution de 1793 · La Terreur (1793–1794) · Chute de Robespierre (1794) · Transition vers le Directoire
Contexte de création
Après la prise des Tuileries le 10 août 1792 et la suspension de la monarchie, l’Assemblée législative convoque une nouvelle assemblée élue au suffrage universel masculin : la Convention nationale. Le 21 septembre 1792, elle proclame l’abolition de la royauté et fonde la Première République.
Composition
La Convention est composée de 749 députés. Trois grands courants s’y opposent :
- Les Montagnards, radicaux, proches des sans-culottes, dominés par Robespierre, Marat, Danton, Saint-Just.
- La Plaine, majorité modérée, oscillant entre Montagne et Gironde.
- Les Girondins, plus modérés et fédéralistes, favorables à une République décentralisée.
Procès et exécution de Louis XVI
Le roi déchu, désormais « Louis Capet », est jugé par la Convention. Accusé de trahison et de conspiration avec les puissances étrangères, il est condamné à mort à une courte majorité. Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution. Cet acte radical consacre l’irréversibilité de la Révolution.
La République en guerre
La Convention doit affronter la Première Coalition (Autriche, Prusse, Angleterre, Espagne) et les guerres de Vendée à l’intérieur. Pour mobiliser la nation, elle décrète la levée en masse (août 1793), créant une armée de citoyens-soldats. Les victoires républicaines (Valmy, 1792 ; Fleurus, 1794) assurent la survie de la République.
La Terreur (1793–1794)
Sous la domination des Montagnards, un Comité de salut public dirigé par Robespierre, Saint-Just et Couthon gouverne en dictature révolutionnaire.
- Élimination des Girondins (juin 1793).
- Constitution de 1793 (jamais appliquée) → République démocratique idéale.
- Politique de Terreur : tribunaux révolutionnaires, exécutions massives (40 000 morts estimés, dont Marie-Antoinette, Danton, Hébert).
- Mesures sociales : loi du Maximum général, calendrier républicain, déchristianisation.
La chute de Robespierre
Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre et ses alliés sont arrêtés puis exécutés. C’est la fin de la Terreur et du gouvernement montagnard. La Convention thermidorienne prend le pouvoir, plus modérée, et restaure une relative liberté politique.
Fin de la Convention
La Convention abolit le Comité de salut public, rétablit des formes de libéralisme économique et prépare une nouvelle constitution. En 1795, la Constitution de l’an III établit le Directoire, régime républicain exécutif collégial. La Convention se dissout le 26 octobre 1795.
Anecdotes
- La victoire de Valmy (1792) est célébrée comme « le baptême de la République ».
- Le calendrier républicain est instauré en 1793 : années comptées depuis 1792, mois renommés (Vendémiaire, Brumaire, Thermidor, etc.).
- La Marseillaise devient chant révolutionnaire officiel après que les volontaires marseillais l’ont popularisée à Paris.
- Le bonnet phrygien et le tutoiement se répandent comme symboles d’égalité.
Postérité
La Convention nationale incarne l’acte de naissance de la République française. Elle est à la fois admirée pour sa détermination à défendre la Révolution et critiquée pour la violence de la Terreur. Elle marque une étape décisive : l’entrée de la France dans une ère républicaine et moderne, fondée sur l’égalité civile et la souveraineté populaire.