Histoire
Félix Faure
Président de la République française · Troisième République · 1895 → 1899
- Nom complet
- Félix François Faure
- Naissance
- 30 janvier 1841, Paris
- Décès
- 16 février 1899, Paris (Palais de l’Élysée)
- Titre
- Président de la République (élu le 17 janvier 1895)
- Dynastie/période
- Troisième République
- Faits marquants
- Consolidation de l’alliance franco-russe · Crise de Fachoda (1898) · Affaire Dreyfus (phase Zola, 1898) · Décès soudain à l’Élysée
Origines et carrière avant l’Élysée
- Issu d’un milieu commerçant. Industriel (cuirs et sellerie), implantation au Havre.
- Républicain modéré. Conseiller municipal du Havre, puis député de Seine-Inférieure (1881 → 1895).
- Sous-secrétaire d’État aux Colonies (gouv. Ferry, 1882–1883). Partisan d’une expansion maîtrisée.
- Vice-président de la Chambre (1893). Réputation d’homme d’ordre, pondéré, bon gestionnaire.
Accession à la présidence (1895)
Élu par le Parlement le 17 janvier 1895 après la démission de Jean Casimir-Perier. Choix de compromis entre républicains opportunistes et modérés. Image d’arbitre calme et protocolaire.
Principaux présidents du Conseil sous sa magistrature :
- Alexandre Ribot (janv.–nov. 1895)
- Léon Bourgeois (nov. 1895 – avr. 1896)
- Jules Méline (avr. 1896 – juin 1898)
- Henri Brisson (juin – nov. 1898)
- Charles Dupuy (nov. 1898 – juin 1899)
Politique extérieure et coloniale
- Alliance franco-russe : visite solennelle du tsar Nicolas II à Paris (1896, pose de la première pierre du pont Alexandre-III) et voyage d’État de Faure à Saint-Pétersbourg (1897). Ancrage diplomatique majeur face à l’Allemagne.
- Madagascar : conquête (expédition 1895) suivie de l’annexion (1896) ; organisation du protectorat puis de la colonie.
- Indochine et AOF : poursuite de l’extension et de la structuration administratives.
- Crise de Fachoda (sept.–nov. 1898) : face-à-face avec l’Angleterre au Soudan. Retrait français (accord ultérieur en 1899), tension forte de l’opinion.
Vie politique intérieure
- Affaire Dreyfus : après la condamnation de 1894, rebond en 1896 (découvertes du colonel Picquart) et « J’Accuse…! » de Zola (13 janvier 1898). Faure adopte une posture réservée, hostile à une révision immédiate. Il laisse ses gouvernements gérer la tourmente judiciaire et médiatique.
- Ordre public : fermeté face aux ligues nationalistes et aux violences de rue liées à l’affaire.
- Économie : reprise modérée fin des années 1890, industrialisation et essor des grandes compagnies.
Style de présidence
Président protocolaire et très attaché aux formes, maître des cérémonies et de l’étiquette. Influence politique réelle mais indirecte, via le choix des présidents du Conseil et la diplomatie. Proche des milieux d’affaires et des notables provinciaux. Grande attention aux voyages officiels et aux symboles.
Mort soudaine à l’Élysée (16 février 1899)
Atteint d’un malaise foudroyant dans le salon bleu du palais. Décès le soir même. Contexte privé aussitôt entouré de rumeurs : présence de Marguerite Steinheil, mondaine, attestée par la suite. Le diagnostic public parla d’« apoplexie » (accident vasculaire).
Conséquences immédiates : gouvernement Dupuy assure l’intérim. Funérailles nationales à Notre-Dame. Inhumation au cimetière du Père-Lachaise (Paris).
Anecdotes et traits d’esprit
- Sa présidence raffermit l’imagerie protocolaire de l’Élysée : carrosses, revues navales, réceptions grandioses.
- La mort à l’Élysée déclenche une pluie de bons mots. Le plus célèbre, attribué à Georges Clemenceau, détourne l’antiquité : Il voulut être César, il ne fut que Pompée (jeu de mots resté fameux).
- La figure de Marguerite Steinheil nourrit une littérature abondante au début du XXᵉ siècle (mémoires, presse, romans), entre curiosité mondaine et scandale politique.
Postérité
Pour la diplomatie, Faure est le président du « moment russe », qui scelle l’inversion d’alliances de la France. Pour la politique intérieure, sa réserve sur l’affaire Dreyfus l’a rangé du côté de l’anti-révisionnisme, avant que la justice ne reprenne la main après sa mort. Son décès spectaculaire fixe durablement son image dans la mémoire collective, mêlant pompe républicaine et anecdote scandaleuse.
Affaires et controverses concernant Félix Faure et son entourage
1. Présidence de la République
Période : 1895 – 1899
Faits : Félix Faure est élu président de la République française. Sa présidence est surtout connue pour son style discret et modéré, centré sur la représentation protocolaire et la diplomatie extérieure. Aucun scandale judiciaire majeur n’est associé à son mandat.
- Archives parlementaires et historiques.
- Ouvrages : biographies et analyses politiques de la Troisième République.
État judiciaire : Strictement politique et historique, aucune procédure judiciaire.
2. Diplomatie et relations internationales
Période : 1895 – 1899
Faits : Félix Faure a supervisé les relations diplomatiques de la France, notamment le renforcement de l’alliance franco-russe et la gestion de tensions coloniales. Certaines critiques politiques concernent son implication limitée dans la politique intérieure.
- Archives diplomatiques et publications historiques.
État judiciaire : Strictement politique, aucune affaire judiciaire.
3. Décès et postérité
Période : 1899
Faits : Félix Faure décède subitement à l’Élysée en 1899. Cet événement a marqué les esprits et suscité de nombreuses anecdotes, mais n’implique aucun contentieux judiciaire. Sa présidence reste surtout étudiée pour son rôle protocolaire et diplomatique.
- Archives historiques et publications spécialisées.
État judiciaire : Strictement historique, aucun contentieux judiciaire.