Histoire
Louis XVIII
Roi de France · frère de Louis XVI · dynastie des Bourbons · 1814 → 1824 (hors Cent-Jours)
- Peuple / Dynastie
- Français · Bourbons
- Titre
- Roi de France et de Navarre
- Période
- 1814 → 1824 (sauf Cent-Jours en 1815)
- Faits marquants
- Restauration de la monarchie après Napoléon · Charte constitutionnelle de 1814 · Exil pendant la Révolution et l’Empire · Revenu deux fois sur le trône (1814 et après Waterloo en 1815) · Politique de modération entre ultraroyalistes et libéraux
Origine et jeunesse
Louis Stanislas Xavier de France naît le 17 novembre 1755 à Versailles, troisième fils du dauphin Louis et petit-fils de Louis XV. Il est frère cadet de Louis XVI et de Charles X. Titulaire du titre de comte de Provence, il est éduqué dans l’ombre de son frère aîné et se distingue par une vive intelligence, un goût pour la politique et la littérature.
Révolution et exil
Lors de la Révolution française, Louis fuit la France en 1791, peu après la tentative de Varennes. Après l’exécution de son frère Louis XVI (1793) et la mort en captivité de son neveu Louis XVII (1795), il se proclame Louis XVIII en exil. Pendant plus de vingt ans, il vit de cour en cour en Europe (à Vérone, puis à Mittau, en Angleterre), tentant de rallier les monarchies européennes à la cause des Bourbons. Son exil est marqué par la pauvreté relative et les incertitudes, mais aussi par sa capacité à patienter.
Retour et première Restauration (1814)
Après l’abdication de Napoléon Ier en avril 1814, Louis est rappelé en France par les Alliés. Il entre à Paris et monte sur le trône comme Roi de France et de Navarre. Il promulgue la Charte constitutionnelle de 1814, qui établit un compromis : monarchie héréditaire mais avec chambres parlementaires, égalité civile héritée de la Révolution et liberté de culte. Cette tentative de synthèse entre l’Ancien Régime et l’héritage révolutionnaire illustre sa politique de modération.
Cent-Jours et seconde Restauration
En mars 1815, Napoléon s’évade de l’île d’Elbe et reprend le pouvoir lors des Cent-Jours. Louis XVIII fuit Paris et trouve refuge à Gand. Après la défaite de Napoléon à Waterloo (18 juin 1815), il revient sur le trône pour une seconde Restauration. Il doit alors composer avec la pression des puissances étrangères victorieuses et avec les divisions françaises.
Un roi modéré
Louis XVIII cherche à gouverner en conciliateur :
- Il tente de rassurer les anciens révolutionnaires et bonapartistes par une politique d’apaisement.
- Il s’oppose aux ultraroyalistes, partisans d’un retour complet à l’Ancien Régime, mais ne peut toujours les contrôler.
- Son règne voit la Terreur blanche de 1815, période de violences royalistes contre les bonapartistes et libéraux.
- Il maintient cependant les grandes réformes de la Révolution et de l’Empire (Code civil, institutions administratives, préfets).
Relations internationales
Sous son règne, la France subit l’occupation étrangère après Waterloo, jusqu’en 1818. Grâce à une diplomatie prudente, Louis XVIII réussit à réintégrer la France dans le concert européen. Le congrès d’Aix-la-Chapelle (1818) met fin à l’occupation et rétablit la France dans la coalition des grandes puissances.
Mort
Louis XVIII meurt le 16 septembre 1824 à Paris, après un règne de dix ans. Ses dernières années sont marquées par la goutte et l’obésité, qui le contraignent à se déplacer difficilement. Il est inhumé à la basilique de Saint-Denis. Son frère Charles X lui succède.
Anecdotes
- Louis XVIII était surnommé « le roi gros » en raison de son embonpoint et de ses infirmités, mais il était réputé pour son esprit vif.
- Il appréciait la littérature et la conversation ; son intelligence politique surprenait ses adversaires.
- Il affirmait souvent qu’il voulait être « un roi des Français, pas un roi d’Ancien Régime ».
- Il portait la canne et le fauteuil plus souvent que l’épée, contraste frappant avec l’image militaire de Napoléon.
Postérité
Louis XVIII est considéré comme un roi de transition. Il tenta de concilier monarchie et héritage révolutionnaire dans un contexte extrêmement divisé. Sa politique modérée assura une stabilité relative, mais son incapacité à satisfaire les ultras comme les libéraux fragilisa son œuvre. Son successeur, Charles X, rompra cet équilibre en prenant une orientation réactionnaire, conduisant à la Révolution de 1830. Sa mémoire reste celle d’un roi « constitutionnel », bien loin de l’absolutisme de ses ancêtres.