Roi des Francs

Philippe Ier (1060–1108)

Période : 1060 → 1108. Dynastie : Capétiens directs.

Récit historique

Histoire

Philippe Ier

Roi des Francs · fils d’Henri Ier et d’Anne de Kiev · 1060 → 1108 apr. J.-C.

Peuple / Dynastie
Francs · Capétiens directs
Titre
Roi des Francs
Période
1060 → 1108
Faits marquants
Montée sur le trône à 7 ans · Long règne de 48 ans · Régence d’Anne de Kiev et de Baudouin V de Flandre · Conflits avec la papauté à cause de son remariage · Début des croisades pendant son règne

Origine et accession

Philippe naît en 1052, fils d’Henri Ier et d’Anne de Kiev, princesse issue de la dynastie des Riourikides. Il est couronné à Reims en 1059, alors qu’il n’a que 7 ans, et devient roi à la mort de son père en 1060. La régence est assurée par sa mère et par le comte de Flandre Baudouin V, garantissant la stabilité du royaume dans ses jeunes années.

Un long règne capétien

Philippe Ier règne pendant 48 ans, l’un des plus longs règnes de l’histoire capétienne. Toutefois, son autorité reste limitée, comme celle de ses prédécesseurs, à l’Île-de-France et à quelques places stratégiques. Les grands princes féodaux (Normandie, Aquitaine, Flandre, Toulouse) dominent encore largement leurs territoires.

Relations avec la Normandie et l’Angleterre

Le règne de Philippe est contemporain de l’ascension de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie devenu roi d’Angleterre en 1066. Philippe soutient d’abord Guillaume contre ses ennemis normands, mais se heurte rapidement à sa puissance croissante. Après la mort de Guillaume, Philippe tente de manipuler ses fils Robert Courteheuse, Guillaume le Roux et Henri Beauclerc, pour diviser leurs forces, sans jamais reprendre un réel contrôle sur la Normandie.

Conflits avec la papauté

Philippe Ier entretient des rapports difficiles avec la papauté, surtout après son remariage controversé :

  • Il répudie sa première épouse Berthe de Hollande (1092).
  • Il enlève et épouse ensuite Bertrade de Montfort, déjà mariée au comte d’Anjou Foulques IV.
  • Ce scandale lui vaut l’excommunication par le pape Urbain II (1094), confirmée ensuite par Pascal II.
Bien que Philippe ait été réconcilié avec l’Église peu avant sa mort, ce conflit illustre la dépendance croissante des rois face à l’autorité pontificale.

Les Croisades

La première croisade est prêchée en 1095 par le pape Urbain II à Clermont, mais Philippe, excommunié, ne peut y participer. Cependant, plusieurs de ses vassaux y prennent part, dont Hugues de Vermandois, son frère cadet. Ce contraste entre la faiblesse politique du roi et l’initiative de ses vassaux marque son règne.

Vie personnelle et descendance

De son premier mariage avec Berthe de Hollande, Philippe a plusieurs enfants :

  • Louis VI (1081–1137), futur roi de France.
  • Constance, mariée successivement aux comtes de Blois et de Toulouse.
Son second mariage avec Bertrade de Montfort reste stérile en termes de succession royale, mais crée des tensions durables dans la noblesse.

Mort

Philippe Ier meurt le 29 juillet 1108 à Melun. Contrairement à la tradition des rois capétiens, il n’est pas enterré à Saint-Denis mais à Saint-Benoît-sur-Loire, près d’Orléans, sans doute en raison de ses excommunications répétées. Son fils Louis VI, déjà associé au trône, lui succède.

Anecdotes

  • Il fut le premier roi capétien à porter officiellement le prénom « Philippe », d’origine grecque (phil-hippos, « ami des chevaux »).
  • Son remariage scandaleux avec Bertrade de Montfort inspira de nombreux chroniqueurs, qui en firent un exemple de désordre royal.
  • Il est le roi capétien au règne le plus long avant Louis XIV (48 ans).
  • Il fut surnommé parfois « le Gros » en raison de son embonpoint, qui l’empêchait de monter à cheval dans ses dernières années.

Postérité

Philippe Ier est un roi de transition : il maintient la continuité capétienne dans un contexte de féodalité triomphante. Son règne long mais effacé prépare l’avènement de son fils Louis VI, qui amorcera le renforcement de l’autorité capétienne face aux seigneurs turbulents. Sa mémoire reste associée à la faiblesse politique mais aussi à la solidité dynastique qui permit aux Capétiens de s’enraciner durablement.

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