Roi de France

Philippe V le Long (1316–1322)

Période : 1316 → 1322. Dynastie : Capétiens directs.

Récit historique

Histoire

Philippe V le Long

Roi de France et de Navarre · fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne Iʳᵉ de Navarre · 1316 → 1322 apr. J.-C.

Peuple / Dynastie
Francs · Capétiens directs
Titre
Roi de France et de Navarre
Période
1316 → 1322
Faits marquants
Frère de Louis X · Succède après la mort de Jean Ier le Posthume · Fait appliquer la loi salique pour exclure les femmes de la succession · Règne de réformes administratives et financières · Mort sans héritier mâle en 1322

Origine et jeunesse

Philippe naît en 1293, deuxième fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne Iʳᵉ de Navarre. Élevé dans l’ombre de son frère aîné Louis X, il se prépare néanmoins aux affaires du royaume en tant que prince. Intelligent, diplomate et réfléchi, il se distingue par son sens politique supérieur à celui de son frère aîné.

Accession au trône

À la mort de Louis X le Hutin en 1316, Philippe assure la régence en attendant la naissance de l’enfant posthume, Jean Ier. Après la mort du roi Jean Ier le Posthume, Philippe se fait couronner roi de France et de Navarre le 9 janvier 1317 à Reims. Sa montée sur le trône repose sur un principe nouveau : l’exclusion des femmes de la succession royale, une règle justifiée par la tradition franque et bientôt appelée loi salique.

La loi salique

Le couronnement de Philippe marque une étape capitale dans l’histoire de la monarchie :

  • Sa nièce Jeanne, fille de Louis X, aurait pu prétendre au trône.
  • Mais les barons et juristes invoquent la coutume franque interdisant aux femmes d’hériter de la couronne.
  • Ce principe, confirmé en 1317, fonde la règle successorale française pour des siècles, excluant définitivement les femmes et leur descendance.
Cette décision prépare les futures revendications anglaises au trône, causes de la guerre de Cent Ans.

Réformes et gouvernement

Philippe V entreprend plusieurs réformes notables :

  • Monnaie : il tente de stabiliser les mutations monétaires après les dévaluations de son père, améliorant la confiance économique.
  • Justice : il renforce la centralisation judiciaire et lutte contre les abus seigneuriaux.
  • Administration : il perfectionne le rôle des baillis et sénéchaux, élargissant le contrôle royal.
  • Commerce : il favorise les villes et le commerce international, consolidant l’économie.
Ces mesures lui valent la réputation d’un roi réformateur et habile gestionnaire.

Relations extérieures

Philippe V cherche à consolider l’influence française :

  • Angleterre : il entretient une paix fragile avec Édouard II, tout en réaffirmant les droits français sur la Guyenne.
  • Empire germanique : il agit diplomatiquement pour maintenir l’équilibre des forces en Lorraine et en Flandre.
  • Navarre : en tant que roi consort de Navarre, il gouverne avec son épouse Jeanne II de Bourgogne.

Vie personnelle

Philippe épouse en 1307 Jeanne II de Bourgogne, héritière de la Franche-Comté et du comté d’Artois. Leur mariage apporte des possessions importantes à la couronne. Ensemble, ils ont plusieurs filles mais aucun fils survivant, ce qui provoque à sa mort une nouvelle crise de succession.

Mort

Philippe V meurt le 3 janvier 1322 à Longchamp, à seulement 29 ans, probablement de dysenterie. Il est inhumé à la basilique de Saint-Denis. N’ayant pas de fils, son frère Charles IV le Bel lui succède, conformément à la loi salique.

Anecdotes

  • Il était surnommé « le Long » en raison de sa haute stature et de sa silhouette élancée.
  • On disait de lui qu’il avait plus d’intelligence et de sens politique que son frère Louis X.
  • Il fut l’un des rares rois capétiens à être considéré comme « aimé » par ses contemporains, grâce à son sens de la justice.
  • Sa décision d’exclure les femmes de la succession royale marqua durablement l’histoire de France et inspira les légistes ultérieurs.

Postérité

Philippe V le Long est perçu comme un roi de transition, mais d’une importance capitale. Son règne bref fut marqué par des réformes financières et administratives qui consolidèrent l’État. Surtout, sa légitimation par la loi salique fixa la règle successorale française et exclut à jamais les femmes de la couronne. Sa mort sans héritier mâle précipita la succession de son frère Charles IV, dernier Capétien direct, et ouvrit la voie aux prétentions de la dynastie des Valois.