Roi de France

Philippe VI (1328–1350)

Période : 1328 → 1350. Dynastie : Valois.

Récit historique

Histoire

Philippe VI de Valois

Roi de France · fils de Charles de Valois et petit-fils de Philippe III le Hardi · 1328 → 1350 apr. J.-C.

Peuple / Dynastie
Francs · Valois
Titre
Roi de France
Période
1328 → 1350
Faits marquants
Premier roi de la maison de Valois · Contesté par Édouard III d’Angleterre · Début de la guerre de Cent Ans · Défaite française de Crécy (1346) · Crise économique et peste noire

Origine et jeunesse

Philippe naît en 1293, fils de Charles de Valois (frère cadet du roi Philippe IV le Bel) et de Marguerite d’Anjou. Par son père, il est le petit-fils de Philippe III le Hardi, ce qui le rattache à la dynastie capétienne. Destiné à un rôle secondaire, il reçoit une éducation militaire et politique sans espérer monter un jour sur le trône.

Accession au trône

À la mort de Charles IV le Bel en 1328, la lignée capétienne directe s’éteint. Le choix du successeur oppose deux candidats :

  • Édouard III d’Angleterre, petit-fils de Philippe IV par sa mère Isabelle de France.
  • Philippe de Valois, cousin germain des derniers rois capétiens, descendant par les mâles.
En application stricte de la loi salique, les pairs de France écartent Édouard III et élisent Philippe, proclamé roi le 29 mai 1328. Il devient le premier souverain de la dynastie des Valois.

Le règne de Philippe VI

Son règne s’ouvre par un succès militaire : la victoire de Cassel (1328), où il écrase une révolte flamande. Mais rapidement, plusieurs difficultés fragilisent son autorité :

  • Contestations nobiliaires : une partie de l’aristocratie critique son manque de charisme et sa politique fiscale lourde.
  • Tensions avec l’Angleterre : Édouard III continue de revendiquer la couronne de France.
  • Finances : le royaume souffre de la lourde dette héritée de ses prédécesseurs, aggravée par les dépenses militaires.

Début de la guerre de Cent Ans

Le conflit éclate véritablement en 1337, quand Édouard III d’Angleterre revendique officiellement la couronne de France. Philippe confisque la Guyenne, possession anglaise, ce qui entraîne une guerre longue et dévastatrice :

  • 1337–1340 : première phase de guerre, affrontements navals et raids en Flandre.
  • 1340 : défaite navale française à L’Écluse, qui assure la suprématie maritime anglaise.
  • 1346 : écrasante défaite française à Crécy, où la chevalerie française est décimée par les archers anglais.
  • 1347 : perte de Calais, qui devient une base anglaise pour deux siècles.
Ces désastres militaires entachent la réputation de Philippe et fragilisent durablement la monarchie.

La peste noire

À partir de 1347, la peste noire ravage l’Europe et frappe durement la France. La population est décimée, les campagnes désertées et l’économie effondrée. Philippe VI, impuissant, voit son autorité contestée par la noblesse et les villes.

Vie personnelle et mariages

Philippe épouse en 1313 Jeanne de Bourgogne, fille d’Othon IV de Bourgogne. Le couple a plusieurs enfants, dont Jean II le Bon, futur roi de France. Après la mort de Jeanne en 1330, Philippe se remarie avec Blanche de Navarre en 1330, mais ce mariage reste sans descendance.

Mort

Philippe VI meurt le 22 août 1350 à Nogent-le-Roi, probablement d’une crise cardiaque. Il est inhumé à la basilique de Saint-Denis. Son fils Jean II lui succède dans un contexte de guerre ouverte avec l’Angleterre et de crise économique profonde.

Anecdotes

  • Son surnom « le Bien-aimé » lui fut attribué au début de son règne, mais il devint rapidement ironique après ses échecs militaires.
  • Lors de la bataille de Crécy, Philippe fut blessé au visage par une flèche et dut être évacué du champ de bataille par ses chevaliers.
  • Il aimait le faste et le luxe de la cour, ce qui accentua les critiques de prodigalité et de mauvaise gestion.
  • Sa femme Jeanne de Bourgogne était surnommée « la boîteuse » en raison d’une difformité physique, mais elle joua un rôle actif dans le gouvernement.

Postérité

Philippe VI marque le début de la dynastie des Valois, mais son règne est entaché par les défaites militaires et la peste. Son incapacité à contrer les Anglais et à stabiliser le royaume le fit juger comme un roi faible. Pourtant, il posa les bases de la monarchie valoisienne et laissa à son fils Jean II un royaume affaibli mais encore puissant. Son accession au trône en 1328, en application de la loi salique, déclencha indirectement la guerre de Cent Ans, l’un des plus longs conflits de l’histoire européenne.