Vision artistique d'une mer du Mésozoïque, foisonnante de vie marine, avec des ptérosaures volant au-dessus et une côte lointaine où se profilent des dinosaures, imaginant la France sous les eaux tropicales.
L’ouverture de l’Atlantique et la fragmentation de la Pangée
Au début du Mésozoïque, le supercontinent Pangée commence à se fracturer sous l’action de la tectonique des plaques. Cette dislocation crée de nouvelles marges continentales et entraîne l’ouverture progressive de l’océan Atlantique. La France actuelle se trouve alors à une latitude équatoriale et baigne dans un climat chaud et humide, propice au développement d’une faune et d’une flore luxuriantes.
Les régions du sud (Provence, Aquitaine) sont occupées par des mers peu profondes, tandis que le nord (Bassin parisien, Jura) voit s’accumuler des couches de calcaires marins et de sédiments riches en fossiles. Ces dépôts, aujourd’hui visibles dans les falaises du Boulonnais ou les plateaux de Bourgogne, témoignent d’un environnement marin tropical.
Les mers du Jurassique et du Crétacé : un paradis marin
Le Jurassique (−201 à −145 Ma) correspond à une phase de submersion importante du territoire. Les mers chaudes recouvrent une grande partie de la France, donnant naissance à des formations calcaires qui constitueront plus tard les massifs du Jura, du Vercors et du Languedoc. C’est également l’époque de la prolifération des ammonites et des grands reptiles marins comme les ichthyosaures.
Durant le Crétacé (−145 à −65 Ma), la mer s’étend encore davantage, atteignant le Bassin parisien et le sud-ouest. Les craies blanches de Champagne et de Normandie datent de cette époque, déposées dans une mer peu profonde, riche en plancton calcaire. À la fin du Crétacé, l’océan Atlantique est largement ouvert et la dérive des continents a modifié la position du futur territoire français.
Un climat tropical et une faune spectaculaire
Le climat du Mésozoïque est globalement chaud, sans calottes glaciaires. La végétation se compose de conifères, de fougères arborescentes et de cycadales. Les dinosaures dominent les terres émergées, tandis que des reptiles marins et des ptérosaures peuplent mers et cieux. En Provence et dans le Jura, des empreintes fossilisées témoignent de la présence de ces animaux géants sur le sol français.
Les reptiles marins comme les plésiosaures (au long cou) et les mosasaures (sortes de lézards géants) régnaient sur les mers, tandis que les ptérosaures (reptiles volants) dominaient les cieux. Leurs restes fossiles sont régulièrement retrouvés, enrichissant notre compréhension de ces écosystèmes disparus.
Héritages géologiques et fin d'une ère
Les formations calcaires, dolomitiques et argileuses issues du Mésozoïque constituent aujourd’hui l’un des piliers du sous-sol français. Elles déterminent la morphologie de vastes régions comme les Causses, le Jura ou les falaises normandes. Ces roches filtrantes sont également à l’origine de nombreuses nappes phréatiques qui alimentent les grands bassins hydrologiques du pays.
À la transition vers le Cénozoïque, il y a environ 66 millions d'années, un événement cataclysmique marque la fin du Mésozoïque : l'impact d'un astéroïde géant au Mexique, qui provoque une extinction massive. Les dinosaures non-aviaires disparaissent, ouvrant la voie à l'ascension des mammifères et à l'ère géologique suivante. Les plaques tectoniques poursuivent leur dérive, préparant la surrection des Alpes et des Pyrénées qui façonneront la France moderne.
Repères chronologiques
- −250 Ma : Début du Mésozoïque (Trias), fragmentation de la Pangée.
- −201 à −145 Ma : Jurassique, apogée des mers chaudes, ammonites et reptiles marins.
- −145 à −66 Ma : Crétacé, dépôts de craie, extension maximale des mers, règne des dinosaures.
- −66 Ma : Impact de l'astéroïde et extinction massive (crise K-Pg), fin du Mésozoïque.