Les origines du conflit
La Guerre de Cent Ans trouve son origine dans la rivalité dynastique entre les rois de France et d’Angleterre. En 1328, la mort sans héritier mâle du roi Charles IV le Bel provoque une crise de succession. Le roi d’Angleterre Édouard III, petit-fils de Philippe le Bel, revendique la couronne française, que les pairs du royaume attribuent à Philippe VI de Valois.
Cette querelle s’enracine aussi dans des enjeux économiques : l’Angleterre, productrice de laine, dépend du commerce avec les villes drapières de Flandre, alors sous influence française. La guerre s’ouvre en 1337, mêlant affrontements féodaux et luttes de souveraineté.
Les premières défaites françaises
Les débuts du conflit tournent à l’avantage des Anglais. En 1346, la bataille de Crécy illustre la supériorité tactique de l’archerie anglaise. Dix ans plus tard, Poitiers (1356) voit la capture du roi Jean II le Bon. La rançon exigée ruine le royaume et nourrit la colère du peuple.
Pendant la captivité du roi, son fils, le futur Charles V, doit affronter la révolte de Paris menée par Étienne Marcel et les campagnes insurgées, les Jacqueries, expression du désespoir paysan face à la misère et à la fiscalité.
La peste noire et l’effondrement démographique
À partir de 1348, la peste noire ravage la France, emportant près du tiers de la population. Les campagnes se vident, les terres sont abandonnées, la production agricole s’effondre.
Cette catastrophe sanitaire modifie profondément la structure sociale : la main-d’œuvre devient rare, ce qui améliore la condition des survivants mais déstabilise les seigneuries.
La reconquête sous Charles V
L’ascension du roi Charles V (1364–1380), dit le Sage, marque un tournant. Son génie politique et l’habileté militaire de son connétable Du Guesclin permettent de reprendre la quasi-totalité du territoire aux Anglais. La fiscalité et l’administration sont rationalisées, et Paris retrouve stabilité et prestige.
La monarchie retrouve légitimité, mais la mort prématurée de Charles V relance les tensions : son fils Charles VI, frappé de démence, laisse le royaume livré aux factions rivales (Armagnacs et Bourguignons).
L’occupation anglaise et la résistance française
En 1415, Henri V d’Angleterre inflige à la chevalerie française la terrible défaite d’Azincourt. Le traité de Troyes (1420) proclame le roi d’Angleterre héritier de la couronne de France. Paris tombe, tandis que le dauphin Charles VII se replie à Bourges.
C’est dans ce contexte désespéré qu’apparaît Jeanne d’Arc, jeune paysanne de Lorraine. Guidée par sa foi et son patriotisme, elle convainc le dauphin de se faire sacrer à Reims (1429), redonnant courage au royaume et un sens national à la guerre.
La fin du conflit et la reconstruction
Après la mort de Jeanne (1431), brûlée vive à Rouen, la résistance se poursuit. En 1453, la victoire française à Castillon met fin à plus d’un siècle de guerre. L’Angleterre conserve seulement Calais.
Le royaume, ravagé, amorce une lente reconstruction : les campagnes se repeuplent, les finances se rétablissent, et le sentiment d’appartenance à une même nation émerge.
Les conséquences sociales et politiques
Cette longue période forge un nouveau rapport entre le roi et le peuple. Le roi devient protecteur du royaume, garant de l’ordre et de la paix. La levée d’impôts permanents (taille royale) et l’armée régulière marquent la naissance d’un État centralisé.
L’expérience des crises, de la foi patriotique incarnée par Jeanne d’Arc, et de la restauration monarchique, fait de la France un royaume solide à l’aube de la Renaissance.
Repères chronologiques
- 1328 : extinction des Capétiens directs, avènement de Philippe VI de Valois.
- 1337–1453 : Guerre de Cent Ans.
- 1348 : peste noire en Europe.
- 1358 : révolte d’Étienne Marcel et Jacqueries.
- 1429 : sacre de Charles VII à Reims grâce à Jeanne d’Arc.
- 1453 : bataille de Castillon, fin de la guerre.